jeudi 1 octobre 2020

Le Musée Fesch à Ajaccio

Le Musée Fesch visité par Stefanie


 

 

 

Visite du Palais Fesch, Musée des Beaux-arts à Ajaccio

 

Le palais Fesch ? un décor de film ? un restaurant ? 

Non, pas de lampe magique d'où sortira un génie qui vous fera devenir riche et beau, pas de table ronde tournante avec des petits plats aux saveurs exotiques ...

Mais un Palais bénéficiant du label "Musée de France" abritant des peintures italiennes, des collections napoléoniennes et des œuvres insulaires !

 

Par ici, la visite commence !

«En termes de fonds italien, il s’agit du deuxième musée de France derrière le Louvre», lance Pierre-André, le guide de l’office de tourisme d’Ajaccio. Le ton est donné. La pyramide du Louvre n’a qu’à bien se tenir, aujourd’hui c’est le Palais Fesch, bénéficiant du label Musée de France qui nous accueille pour une visite guidée.
Avant de partir pour un voyage exceptionnel à travers les XIVe et XIXe siècles, une pause historique s’impose dans les salles napoléoniennes situées au rez de cour.

«A qui doit-on le Palais Fesch ?», interroge le guide conférencier. Vu son nom, pas d’hésitation possible au sein du groupe. Il a été construit sur ordre du cardinal Joseph Fesch, oncle maternel de Napoléon 1er, et grand passionné d’art. 

Cardinal Fesch
Cardinal Fesch
 

Dans quel but ? Instruire les jeunes ajacciens grâce à un «Institut des Arts et des Sciences».
Commencé en 1828, le palais est achevé sous le Second Empire, bien après la mort du cardinal. Entre ses murs, une partie de l’immense collection de Joseph Fesch, à savoir un millier de tableaux, de meubles, dont des œuvres de Titien et Boticelli, légués à la ville. 

 

Parcours chronologique

C’est donc l’eau à la bouche que nous nous lançons à l’assaut du 2e étage, enfin vous n'êtes pas obligés de courir. «Cette visite s’inscrit dans un parcours chronologique», nous explique Pierre-André. «On commence par le dernier niveau puis on se dirige vers les étages inférieurs afin d’apprécier au mieux l’évolution de la peinture italienne et de sa technique.» 

Couloir du Musée Fesch
Couloir du Musée Fesch
Niccolo di Tommaso, Musée Fesch
Niccolo di Tommaso, Musée Fesch

Première escale donc, la salle des «Primitifs». Pas question de barbarie comme le terme pourrait le laisser croire, mais d’un ensemble de peintures antérieures à la Renaissance. «Cette pièce de Niccolo Di Tommaso date de 700 ans avant la Renaissance», lance le guide. Le groupe reste sans voix et s’approche presque sur la pointe des pieds pour assister au Mariage mystique de sainte Catherine, saint Jean-Baptise et saint Dominique.

En parfait passionné, Pierre-André ne tarit pas de détails. Il explique le contexte, incarne les personnages et invite le groupe à réfléchir. «Que pouvez-vous remarquer sur cette peinture ? Ne trouvez-vous pas les dimensions bizarres ?», teste-t-il. Pas question de rester figé face aux murs, la visite se veut interactive. «Sans vos explications, nous ne verrions qu’un millième du tableau», admet une dame, envoûtée par les indications.


Un tableau comme porte de poulailler

Après avoir constaté une évolution dans la maîtrise des perspectives avec des personnages de taille plus normale, des sols et des marches plus réels, etc.., le petit groupe se fige face à Une vierge à l’Enfant soutenu par un ange d’un certain Sandro Botticelli… «Après Paris et Avignon, c’est le seul endroit en France où vous pourrez admirer une œuvre de Botticelli», résume Pierre-André. Un silence de cathédrale s’ensuit. 

Vierge à l'enfant de Botticelli
Vierge à l'enfant de Botticelli
Musée Fesch
Musée Fesch


C’est ensuite un autre tableau choisi spécialement par le guide de l’office de tourisme qui attire l’attention des foules. «Il y a ici une histoire un peu particulière… Voyez-vous quelque chose qui pourrait vous interpeller ?». Pas de réponse… «Figurez-vous qu’avant d’atterrir ici, il a brûlé. Et avant cela, il servait de porte de poulailler ! Ce n’est que grâce aux yeux experts d’une jeune fille que nous avons la chance de le voir exposé ici». Une fois de plus, l’audience est bouche bée et s’approche pour tenter de discerner quelques séquelles ou détails visibles.

La visite nous emmène ensuite à la rencontre de Léda, séduite par un cygne incarné par Zeus, le tout sous la pointe de Véronèse. Puis, légère déception dans l’assistance, le Titien censé agrémenter la visite est installé dans une autre pièce du musée pour une exposition temporaire. Ce n’est que partie remise, «vous le contemplerez plus tard», affirme Pierre-André.

Place pour le moment à la salle Florentine avec Les Âges de la Vie, une suite proposée par Jacopo Chimenti, dit L’Empoli. Là encore, notre guide nous invite à la méditation. Face à nous : quatre tableaux représentant les quatre saisons et les âges de la femme. Après un petit instant, chacun y va de sa propre explication. «Le printemps, c’est l’enfance, la liberté, l’insouciance…» ; «Là, c’est l’été. Elle est adolescente, on entre dans un jeu de séduction …» etc,… . Après tout, l’art reste subjectif. 

Les âges de la vie, Musée Fesch
Les âges de la vie, Musée Fesch

 

 Des tapis sans pareils

L’aventure se poursuit dans les couloirs du Palais Fesch avec des natures mortes exposées de tous les côtés, tout comme dans certains palais italiens où, peu importe le sujet ou l’artiste, les tableaux sont collés cadre contre cadre.
«A présent, je vous propose une invitation des sens avec Francesco Noletti, dit Il Maltese. Il n’a pas son pareil pour réaliser des tapis d’Orient», souligne Pierre-Antoine.


Natures mortes, Musée Fesch
Natures mortes, Musée Fesch
II Maltese, Musée Fesch
II Maltese, Musée Fesch


A voir ses plis et ses ondulations, on sentirait presque la matière du tapis filer sous nos doigts. La luminosité parfaitement maîtrisée, alterne entre zones d’ombre et de lumière. La corbeille de fruits, dépeinte avec précision s’avère alléchante alors que notre odorat est chatouillé par le bouquet de fleurs aussi coloré que détaillé. Enfin, dernier sens mais pas des moindres : l’ouïe. Rien qu’à la vue du violon, on croirait entendre jouer une mélodie lointaine.

Une fois nos sens mis en éveil, nous accostons au premier étage, à Rome avec le fameux Midas à la source du Pactole, réalisé par Poussin, volé en 2011 et retrouvé en 2012. A ses côtés ? Deux œuvres d’un certain Gaspard Dughet. «Qui était-il pour mériter une place à côté du grand Poussin ?», interroge Pierre-André. «Son élève», avance un visiteur. Correct, mais pas uniquement. Au guide de nous narrer une nouvelle fois la vie de l’artiste et de nous apprendre que les deux peintres sont beaux-frères.

 

À genoux

Enfin, dernière œuvre au programme de la visite du jour : un «bozzetto», une étude préparatoire effectuée par un artiste sur demande du clergé. «N’avez-vous pas l’impression que Saint-Pierre est en train de tomber ?». L’explication fuse : «Ce dessin a été fait pour décorer une voûte. Il s’agit d’un problème de perspective. Si vous vous agenouillez, vous pourrez admirer l’œuvre comme vous le devriez», conclut Pierre-André.


Bozzetto, Musée Fesch
Bozzetto, Musée Fesch

Ni une, ni deux ; tout le monde s’agenouille comme pour rendre hommage à l’œuvre ainsi qu’à la visite, riche en explications.

 

Fin de la visite

Il est temps pour le groupe de se dissoudre, s’attarder devant certaines œuvres, s’imprégner de la collection napoléonienne, s’initier à la peinture corse ou encore de partir à la découverte du tableau de Titien.


Salle napoléonienne, Musée Fesch
Salle napoléonienne, Musée Fesch
Tableau de Titien, Musée Fesch
Tableau de Titien, Musée Fesch


A l’extérieur, certains s’attardent dans la cour du palais pour profiter du soleil tout en admirant l’édifice.

Cour du Musée Fesch
Cour du Musée Fesch

J'espère que cette visite vous a plût et que vous aurez l'occasion de la vivre par vous-mêmes !


Se loger à Ajaccio

Il n'y a pas de chambre pour vous au Palais Fesch ... Alors, pour profitez des autres trésors d'Ajaccio, des appartements labellisés Gîtes de France, vous ouvrent leurs portes pour quelques jours, une semaine ou plus. Il n'y aura pas de tableaux de grands peintres aux murs, mais vous serez conquis par leur confort !



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